KITANO PAR KITANO
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Takeshi Kitano a écrit sa première autobiographie, qui sortira bientôt au-delà des frontières du Japon, après plusieurs années de discussions avec le journaliste français Michel Temman. Comment jongler entre la célébrité d’un showman et les exigences d’un cinéaste ? Kitano se dévoile sans filtre, comme un ami qui se confie autour d’une bonne bouteille de vin, l’une de ses passions. Il s’étonne encore de sa « destinée » , autodidacte ayant dû abandonner l’université, il n’a jamais renié ses origines modestes. Son besoin de reconnaissance demeure intact, ce qui transparaît à travers son récit.
Il partage des souvenirs de sa jeunesse au Japon d’après-guerre : une enfance marquée par l’interdiction, une famille nombreuse vivant dans la pauvreté d’un quartier populaire, une passion pour les sciences, des rêves d’explorateur et une fascination pour le commandant Cousteau. Sa mère, avec une éducation stricte, lui a permis de poursuivre ses études malgré les difficultés. Quant à son père, cet homme introverti, souvent ivre, pouvait faire preuve de colères violentes. Kitano exprime ses regrets et ses occasions manquées : « Je n’ai jamais parlé à mon père. Lui ne me disait rien. Je me souviens d’avoir joué une seule fois avec lui, sur cette plage d’Enoshima où il m’a emmené voir la mer. »
Au début de sa carrière, il forme le duo comique Two Beat, célèbre pour ses sketchs provocateurs. Beat Takeshi s’illustre par sa prise de risques, se moquant des marginaux, des exclus, et de la mafia japonaise. Les producteurs censurent parfois ses blagues, mais le public l’adore. Le succès arrive rapidement, et le duo, encore actif aujourd’hui, assure la popularité de Kitano.
Pour lui, la télévision représente un purgatoire, tandis que le cinéma devient sa rédemption. À Beat Takeshi revient l’art de rire tout en se compromettant , à Takeshi Kitano, celui de créer. En 1983, lors du tournage de Furyo, l’un des chefs-d’œuvre de Nagisa Oshima, Kitano, alors âgé de 36 ans, décroche son premier rôle au cinéma par pur hasard. Sa signature devient une esthétique de la violence, une musique envoûtante, et des antihéros solitaires, impassibles et torturés.
Le succès de Sonatine en 1993, acclamé surtout à l’étranger, renforce sa réputation. Épuisé et submergé par le travail, il traverse une période de doute, frôle la mort après un accident de voiture. Certains pensent qu’il a eu envie d’en finir. Pourtant, il revient, plus ambitieux que jamais. Ses nouveaux films deviennent plus intimes et réfléchis. C’est l’heure de la maturité : ses œuvres sont régulièrement sélectionnées dans les plus grands festivals, Cannes bien sûr, mais aussi à la Mostra de Venise, qui lui remet un Lion d’or pour Hana-bi en 1997 et un Lion d’argent pour Zatoïchi en 2003.
Pour la première fois, Kitano dévoile son engagement humanitaire en Afrique et exprime sa vision pessimiste d’un Japon colonisé par l’Amérique et acculturé. Suite à son accident, il forge une vision personnelle de la vie, entre acharnement au travail, bouddhisme zen, et épicurisme. Il se remet à la peinture, qui influence profondément sa conception du cinéma. Son autobiographie se révèle être un « Ce que je crois » d’une vitalité étonnante. En lire plus.
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Notations: 10 évaluations
Poids du livre:
Nombre de pages: 336 pages
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